La contrefaçon dans le thé | DemysTEAfication

17 décembre 2012

La contrefaçon dans le thé

Eh oui, même le thé est sujet à " contrefaçon " ...

Ce phénomène est tellement vieux, que l'on peut parler de tradition chinoise, plus vue comme un hommage, une imitation des anciens et des canons établis, qu'une réelle volonté, du moins à l'origine de tromper les acheteurs sur la qualité ...

Partie par curiosité, partie pour tenir une des promesses originelles de ce blog, une commande à la boutique de l'article précédent a été pour moins l'occasion, très peu onéreuse, de faire une expérience qui je l'espère sera fort instructive ... ou du moins continuera à l'être avec la dégustation de ces galettes ...

Tout d'abord, jouons un peu ... alors, quelle est la vraie galette de cette série de quatre ? Allons, ne trichez pas ... réponse sous la photographie ...

Faux thé

Alors ? Vous pensez avoir trouvé ? Allez, la solution ci-dessous :
Réponse :
La " vraie " galette est celle en bas à droite ! Un peu plus de détails ici : Galette CNNP 2006
Bien, ayant les galettes dans les mains, il est peu aisé de voir une nette différence, si ce n'est que les encres des fausses galettes semblent plus vives, moins passées que celle de la "vraie" ... si tant est que la vraie soit vraie, car le papier de deux des fausses galettes du haut est vraiment très proche au toucher ... idem pour la graphie qui, si elle varie fortement entre la fausse galette du bas et la vraie, est par contre assez proche entre celle portant un label jaune et la vraie ... Ainsi, si celle du bas est assez facilement identifiable comme copie ( à condition de pouvoir la comparer à quelque chose de fiable ), les deux copies du haut sont par contre plus difficilement décelables ...

Mais tout ceci pose surtout une question de taille ... en effet, si le vendeur auprès duquel ont été achetées ces trois " fausses " galettes affiche clairement la couleur, en les décrivant comme des galettes " Tiepai " ( " pastichées " ), on peut douter que d'autres fassent pareil, de plein gré cette fois, d'autres encore vendant du "faux" à leur insu ...

Quoi qu'il en soit, comme on a pu d'ailleurs le lire sur d'autres blogs consacrés au thé, il vaut donc mieux se fier à la réputation d'un vendeur qu'à la couleur des étiquettes de ses galettes de Pu Erh ... mais peut être également à sa proximité avec la source originale de production ou avec des liens avec un intermédiaire fiable ... une chose est sûre, la multiplication des intermédiaires, des sources de stockage et des " légendes " concernant l'approvisionnement de ce genre de galettes ne peut que renforcer un peu plus les risques de consommer une " copie " ...

... ne reste plus qu'à goûter tout cela pour en apprendre encore un peu plus ...

9 commentaires:

charlotte billabongk a dit…

Je suis contente, j'ai trouvé la réponse ! Mais je ne sais pas vraiment pourquoi... intuition peut-être ?

En tout cas, c'est un sujet fort intéressant. Ah ! Les contrefaçons.

Olivier Schneider a dit…

Oui les faux pullulent en Chine, et le thé n'est pas épargné...
Parfois on en est presque à se demander si il y'a quelque chose de vrai dans ce pays!

Après je voudrais juste réagir à la question de la "réputation" ou de la "confiance" des vendeurs. Savoir un vendeur honnête, c'est bien mais ça ne suffit pas. Dans la grande majorité des cas, les vendeurs (en Chine ou ailleurs, au détail ou en gros) vendent des faux sans le savoir, et le font donc en toute honnêteté. Faire ainsi confiance à un vendeur parce qu'on le connais bien, parce qu'il est reconnu ou parce qu'il est honnête, est souvent une grosse erreur, et le dit vendeur, aussi digne de confiance qu'il parait vend souvent des contrefaçons en toute bonne fois...

La seule chose qui peut ainsi faire gage de confiance est la connaissance du vendeur, et sa capacité a expertiser l'authenticité d'une galette. Or si on prend par exemple le domaine des thés agés, où l'on trouve le plus de contrefaçons, et qui est un domaine très complexe, on se rend compte que la très grande majorité des vendeurs (en particulier en Chine) n'ont aucune connaissance sérieuse dans le domaine, et n'ont donc absolument aucun moyen de s'assurer de l'authenticité de ce qu'ils vendent. Bref c'est un peu comme acheter des diamants chez un bijoutier qui n'est pas capable de faire la différence entre un vrai diamant d'un faux...

A coté de cela il existe bien entendu des spécialiste des vieux thés, plus souvent à Hong Kong, Taiwan et en Malaisie qu'en Chine, qui ont étudié pendant des années le sujet, et sont capable d'expertiser les galettes qu'ils proposent. Bien entendu leur prix sont plus élevés que ce que l'on trouve en Chine, mais au moins ils connaissent leur métier et ont les moyens de garantir l'authenticité des produits qu'ils proposent.

Olivier

Tsubo Nicolas a dit…

Nous sommes bien d'accord, je pense également que pas mal de vendeurs ayant "pignon sur rue" doivent vendre du "faux" sans le savoir ... idem pour le thé âgé (
ou moins âgé d'ailleurs ) ... certains parlaient de la roulette ( russe ? ) à thé Taobao ( http://www.twodogteablog.com/2012/11/14/taobao-tea-roulette-2010-naka/ ), pas nécessairement besoin d'aller risquer ses sous sur l'ebay chinois, il doit y avoir des boutiques ici pour çà ... et en plus votre argent filera plus vite !

edp a dit…

Ah bah c'est marrant, moi j'avais identifié les quatre comme étant des fausses (mais c'est vrai qu'avec une photo c'est plus difficile).

Comme quoi c'est difficile de s'y retrouver...

Tsubo Nicolas a dit…

Ah, maintenant, la "vraie" est peut être une fausse, sait-on jamais ... mais qui a déjà vu une vraie "vraie" avec la certitude absolue que cela soit le cas, çà c'est encore une autre question, qui rejoint le point de vue, que je partage, d'Olivier !

charlotte billabongk a dit…

Ajoutons qu'il n'y a pas que les Pu'Er qui soient sujet à la contrefaçon... Tout les thés chinois célèbres et prisés y ont droit ! Mais en Chine, cela n'a pas forcément une connotation négative. Sujet d'une infinie complexité.

ooericoo a dit…

je pense que se genre de galette faut les prendre pour ce quel sont .un puerh pas très cher et acceptable a boire ,d ou quand même l intérêt d avoir un minimum confiance a son vendeur de thé(bon je vend, pas bon je vend pas....)j ai goûté la label jaune "fausse" j ai trouver sa plutôt bon surtout pour le prix .après tout a chacun de faire quelques recherche sur internet sur se genre de galette pour se faire une opinion et juger du risque d avoir une mauvaise surprise...

Tsubo Nicolas a dit…

Oui, mais le souci c'est que, vendeur de bonne foi ou pas, ladite galette de contrefaçon risque d'être revendue in fine a un prix bien gonflé ... parce que chez White Two Tea, elles sont pour rien et on y est clair sur la provenance, mais ce ne sera certainement pas le cas ailleurs chez d'autres revendeurs, même à "l'insu de leur plein gré" ...

ooericoo a dit…

oui tu a certainement raison mais que faire ?peut être que ses galettes auraient été emballées sous la marque du site cela auraient moins fait parler .mais je pense que le vrai souci dans le fond c est qu' il y a des vendeurs trop peu expérimenter.si j achète une voiture d occase ds un
garage et si je me rends compte qu elle est pourrie je crois que sa me mettrai encore plus les boules si on me disais se n est pas de faute
je me suis fais rouler parce que je suis pas mécano j ai pas l habitude de vendre se genre de voiture ....
la seul solution c est que les vendeurs se forme (se sont souvent des passionnés)si la demande de puerh en france augmente ils seront et auront envie de progresser ds se domaine...mais pour le moment nous acheteur on doit surtout bien réfléchir avant d acheter une galette qui est hors de prix.moi perso je préfère pour le moment d être raisonnable sur le puerh que j achète et petit a petit avec l expérience que j'acquiers peut être
un jours monter en gamme en achetant moins.