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5 décembre 2014

Inbe - centre de la céramique Bizen Yaki

Bizen yaki

Si la céramique de Bizen ou Bizen Yaki tire son nom de l'ancienne province de Bizen et non pas de la petite ville du même nom, on trouve aujourd'hui des potiers et des fours dans une zone assez large autour de cette ville. C'est toutefois à Inbe que l'on trouve le plus grand nombre et la plus grande concentration de fours et de potiers de Bizen Yaki. 

Bizen yaki
Carte © Google Inc
 
La zone de production du Bizen Yaki fait partie l'arrière-pays d'Okayama et de son château. Cette ancienne province était également un important centre de production d'armes blanches. Ainsi, on trouve à Osafune, non seulement quelques potiers, mais aussi un centre-musée consacré à l'art du sabre.

Bizen yaki
Carte © Google Inc

Le développement et surtout la concentration des fours dans le petit village de Inbe semble remonter aux fabriques florissantes du XIXème siècle. Comme les forges, les fours de potiers furent souvent relégués en périphérie des villes à cause des importants risques d'incendie à une période où l'on fabriquait encore exclusivement les maisons en bois et en chaume.

Bizen yaki
Carte © Google Inc

Le village de Inbe est du type village-rue, c'est-à-dire que tout y était initialement organisé autour de l'ancienne route reliant Okayama a Himeji et au-delà. Fort heureusement pour Inbe, la circulation se fait sur la route postérieure qui longe la voie ferrée de la ligne Ako qui dessert Inbe et Bizen. Si la péri-urbanisation à gagné les campagnes et que le bâti est presque totalement continu le long des voies de communication entre Bizen et Okayama, l'organisation de l'ancien village se lit encore assez clairement pour qui sait voir.

Bizen yaki

Le moyen le plus simple de se rendre à Inbe est encore d'emprunter la ligne Ako depuis Okayama et de descendre à la gare de Inbe. Il ne sera dès lors même pas utile de sortir de la gare pour y trouver de la céramique de Bizen, le premier étage de celle-ci étant une petite salle ou sont présentées quelques-unes de ce céramiques ... à vrai dire, à ce compte-là, il ne sera peut être même pas obligatoire de partir de la gare d'Okayama car vous y trouverez également votre bonheur ... Mais quitte à avoir fait le chemin, autant prendre son courage à deux mains et sortir affronter le village de la poterie de Bizen ...

Bizen yaki

Le ton est tout de suite donné, avec un panneau sans équivoque en face de la gare qui vous met tout de suite dans l'ambiance ... ou avec ces petits détails qui ne paient pas de mine mais qui, eux aussi, finissent par vous frapper.

Bizen yaki

Une première étape, le Musée d'Art de la Céramique Traditionnelle et Contemporaine de Bizen, qui permettra de comprendre les processus de fabrication, de saisir au mieux les différents styles qui composent la céramique de Bizen et surtout d'admirer un bon nombre d’œuvres de maîtres. Ensuite, si vous désirez vous lancer dans une série d'achats, des boutiques et des ateliers sont disposés des deux côtés de la ligne de chemin de fer. Toutefois, une fois la route Okayama-Bizen franchie, on pourra se diriger dans la rue face à la sortie de la gare, cette rue menant vers la rue principale du village et étant également bordée de part et d'autre par de nombreuses boutiques.

Bizen yaki

On remarquera rapidement quelques signes de l'industrie dominante de la place, certains fours toujours en activité étant au cœur même du village, avec une boutique attenante pour vendre les productions du-dit four. On trouvera ainsi par endroit les stocks de bois qui seront nécessaires à une cuisson prochaine.

Bizen yaki

Bizen yaki

La rue principale elle-même est marquée de loin en loin de magasins de vente liés à un four, à un potier ou à une famille de potiers spécifique, mais aussi de revendeurs proposant une large sélection d’œuvres d'artistes de style Bizen ne résidant pas directement à Inbe.

Bizen yaki

Bizen yaki

Le village est toutefois assez petit, mélange, comme souvent au Japon, de constructions modernes juxtaposées à des maisons traditionnelles et à des fabriques. On trouvera sur place de quoi se sustenter, et même si l'on ne trouvera que très peu d'indications  en anglais, il est relativement aisé de se repérer.

architecture japonaise

architecture japonaise

L'ensemble, malgré un charme certain, est cependant relativement peu fréquenté hors-saison et en-dehors du festival de la céramique de Bizen qui se tient généralement au milieu du mois d'Octobre.

Bizen yaki

Bizen yaki
 
On pourra admirer les différents petits sanctuaires d'Inbe, en particulier celui d'Amatsu, particulièrement décoré par des œuvres en céramique de Bizen. On pourra enfin parfaire sa visite en admirant les reliques de fours historiques tels le Tenpogama.

Bizen yaki

Bizen yaki

Bizen yaki

En fin de compte, quels que soient les choix faits, on ne verra pas passer le temps, et les tentations seront si nombreuses pour les amateurs de céramique qu'ils ne sauront plus où donner de la tête ...

Bizen yaki
Carte © Okayamaken bizenyaki touyuukai. Légende : points roses : endroits où vous pouvez essayer de pratiquer la poterie - carrés oranges : endroits ou vous pouvez voir des potiers en action - étoile bleue : sanctuaires et sites historiques - points bleus : boutiques vendant de la poterie de Bizen - losange vert clair : hôtel - carré vert : points de restauration

24 septembre 2014

Ao Bizen, le Bizen en réduction : cuit au bois ou pas ?

bizen a imbe

La céramique de Bizen est traditionnellement cuite au feu de bois, ce qui lui confère justement ses glaçures particulières et les effetsqui lui sont propres ... Mais aujourd'hui, tous les styles de Bizen peuvent être reproduits de manière "artificielle" ... tous ? Pas tout à fait exactement ...

Toute la difficulté réside alors à faire la différence entre une cuisson au bois, longue et onéreuse, et une cuisson au gaz ou au four électrique ( on notera toutefois que la cuisson électrique en réduction semble peu utilisée car difficile à maîtriser et semble abimer le four dans le cas contraire ), moins onéreuses et plus faciles à contrôler ... pour cela, il existe des signes qui ne trompent pas, encore faut-il les connaître ...

Le Ao Bizen ou Aobizen, va prendre sa teinte grise caractéristique du fait de sa cuisson en réduction, c'est-à-dire du fait d'une cuisson dans une atmosphère très pauvre en oxygène. L'application de cordes de paille autour de l'objet à cuire, celle-ci brulant pendant la cuisson, va laisser une empreinte visible : une glaçure de cendres ... le phénomène est le même pour tous les styles de la céramique Bizen, qu'ils soient cuits en réduction ou non, mais l'analogie s'arrête là.

Le Ao Bizen cuit au four à gaz ou au four électrique :

Aobizen de bizen

Le Ao Bizen cuit au four à gaz ou au four électrique va se caractériser avant tout par une surface un peu rugueuse, celle de la terre brute, presque identique à sa sortie du tour, la pièce étant également systématiquement d'une couleur gris clair. Cela est dû au fait qu'aucune retombée naturelle de cendres ne va couvrir petit à petit la surface de la céramique et constituer la glaçure.

céramique de bizen

Malgré tout, il va être possible de marquer la pièce de céramique ainsi cuite, notamment grâce à un entourage de cordelettes en paille de riz, comme cela se fait pour le Hidasuki. Cependant, au lieu de laisser des traces d'un brun rougeâtre, cette technique va laisser ici des traces allant du noir profond au gris crème. Caractéristique supplémentaire, cette technique va également former une couverte brillante et lisse à l'emplacement exact des cordes et à leurs abords immédiats, formant un contraste très facile à repérer à l’œil nu, comme l'illustre la photographie ci-dessus.

Le Ao Bizen cuit au feu de bois :

japanese ceramic ceramique japonaise bizen

Le Ao Bizen cuit au feu de bois va, lui, se couvrir d'une glaçure qui va recouvrir l'ensemble de la pièce de façon assez fine et lisse. Cet aspect particulier est dû spécifiquement aux techniques employées pour réaliser une cuisson au bois.

De fait, contrairement à la cuisson par gaz, ou tout le four va être consacré, pour une cuisson, à la cuisson en réduction et dont, par conséquent, toutes les pièces de la fournée visée seront cuites de la même manière, la cuisson au bois réalisée de façon traditionnelle ne cuit qu'une partie des céramiques d'une fournée en réduction. En effet, la majeure partie des pièces d'une fournée de cuisson au bois sera cuite en oxydation, de façon "courante", seule les pièces recouvertes par d'autres plus grandes et sans apport d'oxygène seront cuites en réduction.

Le phénomène est assez simple à comprendre : une fois les pièces de céramique recouvertes par une pièce plus grande, la cuisson enclenchée va produire des cendres qui vont isoler "sous cloche" les pièces cuites en réduction, l'oxygène résiduel présent sous cette "cloche" avant le début de cuisson étant consommé par cette dernière. Seules les cendres les plus fines semblent alors pouvoir s'insinuer sous cette cloche et contribueront à former cette glaçure caractéristique, relativement fine et lisse au toucher, oscillant entre le gris très foncé et un gris moyen, sur tout le corps de la pièce. Cette nuance de couleur et cette relative uniformité et finesse de recouvrement ne peuvent être, au jour d'aujourd'hui, reproduites correctement avec les techniques modernes de cuisson au gaz ou à l'électricité.

céramique de bizen cuisson traditionnelle au feu de bois

Les marques laissées par la combustion des cordelettes de riz sont elles aussi caractéristiques d'une cuisson au bois. Celles-ci, par contre, ne semblent pas pouvoir être reproduites sans respecter le processus d'une cuisson au bois.

Tout d'abord, contrairement au cas précédent, l'emplacement de combustion des cordelettes ne laisse pas une glaçure lisse mais, littéralement, un trait en léger relief. Cela est dû au fait que le reste du corps de la pièce va également avoir un apport de cendres fines qui formeront la couverte ... dès lors, les cendres issues de la combustion des cordelettes ne se "diluent" pas sur les zones situées à proximité. Le trait obtenu sera ainsi bien plus net que dans le cas du trait issu de la cuisson au gaz.

Ensuite, et cela se repère facilement, les traits obtenus ne sont tout simplement pas totalement noirs ! Une partie de la cuisson ayant eut lieu en oxydation, le temps que la "mise sous cloche" se fasse, le trait va donc prendre une coloration particulière, oscillant entre le gris noir et le gris beige, la ligne formée étant également marquée par endroits de petits points noirs de tailles inégales.

Les différences entre le Ao Bizen cuit au bois et le Ao Bizen cuit au gaz sont donc relativement marquées, au point que l'on pourrait considérer qu'il y a deux types distincts d'Ao Bizen, chaque type ayant des charmes particuliers que ne possède pas l'autre.

22 février 2012

Le style de Bizen

bizen yaki

Bizen se situe dans la région de Chugoku, préfecture de Okayama, et le principal centre de production de la céramique de style Bizen se trouve dans la bourgade proche, Inbe. S'il y a bien un style de céramique japonaise qui, à mes yeux, incarne formellement l'esprit du Wabi-sabi, c'est bien celui de Bizen. Ici, la "couverte accidentelle" règne en maître, le rêche, l'âpre, l'aspect brut du grès dominent sans partage.

La cuisson traditionnelle se fait aux alentours de 1250 ° Celsius. Elle se fait avec du bois de pin et dure de 10 à 15 jours, toujours pour les fours traditionnels, temps pendant lequel il faut bien sûr alimenter manuellement le four et qui entraine une grosse consommation de bois.

Comme toujours, tout paraît simple dans le grès japonais, mais rien ne l'est en vérité, et il y a plusieurs genres dans le style Bizen, et parfois plusieurs genres s'expriment sur une même pièce ...

Tout d'abord, il y a le Hidasuki :

hidasuki

bizen

Le hidasuki ou "corde de feu" est certainement le genre le plus récent, puisqu'il nécessite une cuisson en four à gaz pour conserver cet aspect clair. L'objet est d'abord entouré de cordes de paille de riz puis mis à cuir dans un four moderne, ce qui cuit l'argile sans permettre aux retombées de cendre de la marquer. Les cordes, elles, brûlent et créent une couverte aux endroits où elles passaient.

Il y a ensuite le Botamochi :

botamochi

Il s'agit plus d'une technique que d'un genre à proprement parler : un "dessin" est créé en posant un morceau ou des morceaux de céramique réfractaire sur ou à proximité d'une pièce de plus grande taille lors de la cuisson, ce qui empêche les retombées de cendres à ces endroits. On place également parfois des pièces céramiques sur d'autres pièces plus grandes ce qui va créer d'autres types de variations de couleurs, genre que l'on nomme alors Fuseyaki. Le genre Goma, en particulier, se retrouve également sur les pièces du genre Botomachi, bien que dans la photographie ci-dessus, nous ayons un Botomachi sur un Sangiri partiel suite à enterrement d'une partie de la pièce dans la cendre.

Le Goma est lui le résultat de retombées de cendres de bois de pin, créant une couverte relativement épaisse par endroits seulement :

chawan

bol a the bizen

goma

Il s'agit d'un genre relativement répandu, car très simple, cette couverte étant à l'origine une couverte accidentelle. Le résultat est une couverte, partielle ou non suivant la pièce, assez jaune tirant sur le brun avec parfois des points plus sombres, presque noirs, parfois semblables à des grains de sésame que l'on aurait projetés sur la partie de la pièce la plus exposée aux retombées de cendres. Parfois les retombées de cendres sont si nombreuses qu'elles produisent des effets de coulures et prennent le nom de "Tamadare". Suivant les effets et le mélange des diverses techniques exposées ici, on nomme aussi Kasegoma le type de couverte lorsque celle-ci se pare de tons dans la gamme des verts.

Le AoBizen ou "Bizen bleu" est un genre obtenu par la combinaison d'une cuisson en réduction ( cuisson pauvre en oxygène ) et d'une cuisson à proximité de la flamme ( ce qui va entrainer une atmosphère pauvre en oxygène et majoritairement saturée en dioxyde de carbone ). Inutile de dire que la maîtrise doit être grande et que la casse au sein du four doit être importante. Cela donne une couverte aux tons dominés par le gris, les nuances allant de gris très profonds avec des reflets bleus à des gris clairs relativement pâles.

bizen

Enfin, le genre Sangiri, en particulier comme ci-dessus, combine plusieurs effets dont le Aobizen, mais de façon plus complexe, car les pièces sont partiellement et imparfaitement recouvertes d'une épaisse couche de cendre lors de la cuisson, mais aussi par d'autres pièces cuites en même temps, ce qui crée des effets innombrables de couleurs dues aux différences de températures de cuisson ainsi obtenues et à la cuisson également ainsi obtenue de certaines parties seulement en réduction, ce qui donne des effets allant du noir aux effets de lignes irisées quasi invisibles données à l'argile cuite sans couverte de retombée.

sangiri

Bien conscient que tout cela est peut être abrupt au premier abord, je résumerai pour faciliter une éventuelle consultation :

- Hidasuki : des cordes de riz sont attachées autour de la pièce, par ailleurs protégée des retombées de cendres ( et donc produite avant tout dans des fours modernes avec une cuisson au gaz ou à l'électricité ). En brûlant, les cordes vont marquer la pièce de céramique.

- Goma : les retombées de cendres de pin créent une couverte où dominent des petits points semblables à des grains de sésame.

- Kasegoma : la couverte se forme de la même manière que pour le gomma mais donne des couleurs allant vers des tons verts plus ou moins profonds.

- Botomachi : une "tache" de couleur claire, c'est-à-dire plus claire que le reste de la couverte majoritaire de la pièce, est formée par l'application, pendant la durée de la cuisson, d'une pièce de terre réfractaire sur la partie qui sera plus claire à la fin de la cuisson.

- Fuseyaki : technique proche de la précédente, qui donnera donc généralement le même résultat, et qui consiste à poser une pièce plus petit sur une autre plus grande.

- Aobizen : effet d'une cuisson en réduction produisant toute une gamme de gris sur l'ensemble de la pièce.

- Sangiri : effet produit par la cuisson d'une partie seulement de la pièce en réduction du fait d'un enfouissement partiel de la pièce dans la cendre.

bol à thé japonais bizen

Ce dernier type est sans conteste le plus répandu avec le genre Goma et le genre Hidasuki. Les genres Botomachi et Fuseyaki quant à eux se rencontrent généralement que sur de grandes pièces comme les plats ou sur les Tokkuri. Mais de façon globale, les pièces présentent presque toujours le résultat d'un ou deux techniques, effet volontaire ou non. Le genre Hidasuki est relativement décrié par certains,  comme Robert Yellin, qui le range dans la catégorie de ce qu'il appelle le "plastic bizen" ou "Bizen de plastique", à savoir des pièces tournées et cuites en grande quantité dans des fours modernes fonctionnant au gaz de piètre qualité selon lui. Il est vrai que 99% des pièces de type Hidasuki sont très généralement exécutées à la chaine, sans recherche particulière de modelage, de création ou d'effet artistique et sont surtout destinées à une consommation "courante" de particuliers ou  de restaurants recherchant surtout un moindre coût. Pour ma part, si toutes les pièces céramiques n'ont pas la même qualité d'exécution et la même valeur artistique, je trouve que ces pièces ne doivent pas forcément être rejetées car elles ont leurs qualités propres. De plus, le genre Hidasuki peut être vu comme une réponse aux  contingences modernes et comme une preuve de la vivacité du style de Bizen, qui perdure depuis le 12ème siècle. On notera enfin qu'avec les moyens de cuisson modernes, le Goma, le Sangiri et l'Aobizen peuvent être obtenus de façon tout à fait artificielle et ne sont plus "réservés" aux cuissons au bois.

1 septembre 2014

Musée d'Art de la Céramique Traditionnelle et Contemporaine de Bizen

musée de la céramique de Bizen à Inbe

Situé à Inbe, dans la préfecture d'Okayama, le Musée d'Art de la Céramique Traditionnelle et Contemporaine de Bizen est, comme son nom l'indique, uniquement consacré à ce style de céramique. Comme souvent dans les petits musées japonais, les photographies à l'intérieur du bâtiment sont prohibées, ce qui complique un peu l'illustration de cet article.

Le jour de fermeture du musée est le lundi et ses heures d'ouverture sont 9H30 - 17H ( dernière admission 30 Minutes avant la fermeture ). Bien que les cartels soient tous rédigés en japonais et que quelques termes seulement soient inscrits en romaji, quelques informations sont dispensées en anglais dans une "plaquette" explicative distribuée à l'entrée qui permettent déjà de saisir rapidement ce qui est présenté ici. 

Le musée, situé à l'immédiate droite de la sortie de la gare d'Inbe, est organisé en trois niveaux. Le rez-de-chaussée présente les différentes caractéristiques et l'historique du style de Bizen. Il mérite à lui seul le déplacement car chaque type du style de Bizen ( Hidasuki, Goma, Kasegoma, Botomachi, Fuseyaki, Aobizen et Sangiri ) y est clairement illustré par au moins une pièce spécifique.

L'étage suivant présente avant tout l’œuvre de Kaneshige Toyo ( 1896 - 1967 ), Trésor National Vivant, et ses efforts qui ont permis de faire revivre le style Bizen et sa tradition vers la fin du  premier tiers du XXème siècle alors que celui-ci était tombé en relative désuétude depuis la deuxième moitié du XIXème siècle et presque près de disparaître. Certaines pièces d'autres Trésors Nationaux Vivants postérieurs sont aussi présentées ici, tout comme au dernier étage, qui présente également des pièces plus contemporaines.

Pour finir, bien que la barrière de la langue, et plus encore de l'écriture, puisse poser des soucis, ce musée est cependant un endroit incontournable pour qui veut mieux appréhender la céramique de Bizen, tant les types de Bizen et les processus de fabrication sont explicités de façon très didactique,  et peut être plus encore pour celui qui veut réaliser des achats dans ce style.

Processus de fabrication de la céramique de bizen
Schéma © Musée d'Art de la Céramique Traditionnelle et Contemporaine de Bizen

24 décembre 2014

Collections ...

boites à encens en céramique

Les Kogo et les Futaoki sont certainement les objets les plus anodins, les moins connus et les moins remarqués de la panoplie du Chanoyu ... après tout, ils sont largement cachés aux yeux des invités sous le couvercle du Kama ou sous l'Hishaku, quand ils ne sont pas tout simplement escamotés avant même l'arrivée des invités.

A la différence des Chawan, ils ne jouent donc pas un rôle central mais sont pourtant l'objet d'attentions toutes particulières de la part de ceux qui les ont conçus. Kogo et Futaoki sont en effet un excellent support pour la créativité des potiers japonais, tant sur le plan de la forme et de la recherche esthétique que sur le plan technique avec l'immense gamme de couvertes qu'il est possible d'utiliser.

kogo en raku yaki
Kogo Raku Yaki en forme de coq, symbole de bonheur
kogo en mino yaki
Kogo Mino Yaki en forme de Mizusashi

Qu'il représente un symbole auspicieux comme le coq ou un objet usuel du Chanoyu comme un Mizusashi en passant par des formes plus abstraites, le kogo est l'occasion, pour le potier japonais, d'exprimer son interprétation d'un élément de culture, comme avec l'exemple du lapin / lièvre, qu'il soit relativement stylisé, très réaliste comme celui de Konishi Toko en Bizen Yaki, copie réinterprétée d'une forme ancienne représentant le Lapin dans la Lune ou encore d'une totale fantaisie comme le lapin-gâteau Mochi ci-dessous ...

le lapin dans la lune
De gauche à droite, lapins en : Hagi Yaki, Shigaraki Yaki, Raku Yaki, Kyo Yaki, Hagi Yaki et Bizen Yaki

Les Futaoki relèvent plus ou moins de la même logique, même si la plupart sont tous plus ou moins dérivés d'une même base, celle d'un tronçon de bambou, que certains reprennent même plus ou moins littéralement.  

thé et céramique

Ainsi, si certains Futaoki se "limitent" à reproduire en céramique la forme du bambou de manière, là encore, plus ou moins stylisée, on retrouvera également des formes d'objets courants comme les bobines pour filer, les grelots ou les éventails.

real tea addict
Une forme simple du Futaoki : le tronçon de bambou

On trouve aussi des formes spécifiques développées pour le Chanoyu comme les Futaoki en forme de crabes, en forme de Gotoku ( trépied pour poser une bouilloire sur le feu ), en forme de coquillage, en forme de ronde composée de trois enfants ou encore en forme de personnage penché au-dessus de la margelle d'un puits.

bizen yaki toho kimura pelote à filer japonaise
bizen yaki toho kimura bizen yaki toho kimura

Avec ces deux types d'objets, se rejoignent deux extrêmes : la plus totale simplicité d'une part, car les Kogo les plus simples sont formés d'un coquillage ou d'une pierre et les Futaoki les plus simples sont formés d'un morceau de bambou ou d'un poids à filet en céramique ... et la plus extravagante complication d'autre part, car pour les Kogo et les Futaoki, les seules limites à ce que peut réaliser un potier sont son habileté technique et son imagination ... ainsi, certains potiers poussent même le réalisme à faire des grelots capables de sonner réellement, à l'instar des vrais ...

11 août 2014

Musée Préfectoral d'Okayama

Tea addict - blog sur le thé
Photographie ©  663Highland
Le musée préfectoral d'Okayama est un exemple typique de ces multiples petits musées locaux que l'on trouve un peu partout au Japon, qu'ils soient privés ou publics. Leur point commun est généralement l'impossibilité de pouvoir y prendre les objets exposés en photographie, avant tout pour des questions de droits de reproduction. Ces musées, qui ne paient généralement pas de mine, contiennent pourtant presque toujours quelques trésors et le droit d'entrée, même au plein tarif, est généralement plutôt modique quand il n'est pas tout simplement quasi symbolique, comme ici. Le droit d'entrée maximum du musée préfectoral d'Okayama étant en effet, au jour d'aujourd'hui, de 1€80 ...

teaaddict
Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Le musée préfectoral d'Okayama est une bonne introduction avant de se rendre à Imbe, principal lieu de production des céramiques de style Bizen et du musée consacré à ce style. Le musée préfectoral d'Okayama offre en effet un panorama de l'histoire de la région allant de la préhistoire au début de l'ère Meiji.

La visite chronologique commence normalement à l'étage avec les pièces les plus anciennes, même si vous pouvez commencer à votre guise par le rez-de-chaussée. La collection de pièces céramique datant de la préhistoire est assez étendue, tout comme la collection de pièces anciennes de style Bizen dont certaines datent du VIIIème siècle de notre ère.

tea jar bizen
Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
On trouvera aussi de multiples témoignage de la vie dans une zone relativement rurale du Japon ancien, des statues bouddhiques en bois sculpté, de multiples manuscrits d'écrivains japonais célèbres, lettres historiques, peintures et rouleaux ainsi que de multiples ustensiles pour le thé et la cérémonie du thé, mais aussi pour la cuisine.

jarre à thé bizen
Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Enfin, le musée possède également divers sabres d'importance culturelle nationale et locale, les campagnes de Bizen étant aussi le lieu de la production de forges célèbres de katana et de lances. La pièce majeure est toutefois plus défensive qu'offensive, avec une armure de la fin de la période Heian ( c'est-à-dire du XIIème siècle ) classée " Trésor National " et seule armure au laçage de cuir rouge de cette époque ayant survécu jusqu'à nos jours.

japanese armor
Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Le musée est relativement facile d'accès depuis la gare centrale d'Okayama, que ce soit par bus ou par tramway et est notamment face à l'entrée du jardin Korakuen, proche du château d'Okayama et d'autres musées d'art axés sur les arts du moyen-orient, sur les arts occidentaux et sur les arts modernes.

Okayama prefectural museum